Nicolas Vaschide. Recherches expérimentales sur les rêves. Du rapport de la profondeur du sommeil avec la nature des rêves. Extrait des « Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences », (Paris), 137, juillet – décembre 1903, p. 150-151.

Nicolas Vaschide. Recherches expérimentales sur les rêves. Du rapport de la profondeur du sommeil avec la nature des rêves. Extrait des « Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences », (Paris), 137, juillet – décembre 1903, p. 150-151.

 

Les travaux de Nicolass Vaschide et Henri Piéron sont si importants et si nombreux, en particulier sur le sommeil, les songes et les rêves, que nous avons crée une rubrique bio-bibliographique spécifique en ligne sur notre site : Nicolas Vaschide & Henri Piéron. Références bio-bibliographiques sur le sommeil, les songes et les rêves. Par Michel Collée. 2018.

Les [p.] renvoient aux numéros de la pagination originale de l’article. – Par commodité, les notes de bas de page ont été renvoyées en fin d’article. – Les images ont été rajoutées par nos soins. – Nouvelle transcription de l’article original établie sur un exemplaire de collection personnelle sous © histoiredelafolie.fr

[p. 150]

« Entre la nature des rêves et la profondeur du sommeil, il y a un rapport étroit : le fait m’apparut évident en 1899 (1) et mes expériences, faites depuis, n’ont fait que confirmer mes premières données.

« Il résulte de mes recherches, laissant de côté le problème même de la profondeur du sommeil et l’évolution de la courbe du sommeil, qu’il y a un rapport intime, j’oserais dire inébranlable, entre la qualité, la nature, en d’autres mots, la trame des rêves et la profondeur du sommeil. Le fait nous paraît si bien établi que, dans presque aucune de nos constatations expérimentales (presque cinq cents), nous n’avons trouvé des écarts à cette loi. Ce rapport paraît rigoureux et il existerait en dehors de toute autre cause ou influence que la profondeur du sommeil. Toutes les fois que le sommeil est profond, les rêves se réfèrent à des souvenirs latents, à des faits anciens, à des actions passées longtemps avant, et qui n’ont aucune relation, au moins décelable pour nous, avec l’activité journalière du sujet. Plus le sommeil est profond, plus ces rêves se réfèrent à des sujets lointains.

« Au contraire, plus le sommeil est léger et superficiel, plus les rêves concernent les faits immédiats et paraissent puiser leur genèse dans la vie quotidienne et les événements qui précèdent le sommeil, ou parfois des excitations environnantes durant le sommeil.

« Le premier sommeil est le seul reposant et réparateur ; il semble qu’on ait besoin, pour le repos, que la mentalité se plonge dans sa vie latente et qu’elle vive dans ses associations d’idées anciennes, des faits classés, vécus et qui demandent un petit effort à réviviscence. Dans les cas des troubles psychopathiques et des névropathes, moins les comitiaux, ces faits ont une grande importance ; ils expliquent la genèse et l’alimentation de leur mentalité quotidienne. Ces sujets ont rarement, pour ne pas dire jamais, le sommeil profond; ils ne dorment pas, à vrai dire, ils s’assoupissent [p. 150] plus ou moins profondément, et leur sommeil est toujours superficiel. Leur rêve n’est qu’une continuation de la mentalité de la veille, et ils n’arrivent pas à s’arracher à leurs préoccupations, ou à leurs obsessions, le rêve alimentant toujours d’une manière efficace et solide les constructions mentales de la vie de la veille. Au point de vue de la psychothérapie, la connaissance de ce rapport peut être d’une certaine utilité, surtout dans l’aliénation mentale et la neurasthénie, où les sujets font, à cause de leur sommeil superficiel ou relativement superficiel, la culture, pour ainsi dire, de leurs phobies, délires, obsessions ou impulsions. »

Note

(1) N. Vaschide, Recherches expérimentales sur les rêves. De la continuité des rêves pendant le sommeil ( Comptes rendus, séance du 17 juillet 1899). [en ligne sur notre site]

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