A propos de rêves prémonitoires et de paramnésie. [Partie 3]. Par C. Vesme. 1901.

 %erci à Ania O'Neill.

%erci à Ania O’Neill.

C. Vesme. A propos de rêves prémonitoires et de paramnésie. [Partie 3]. Article parut dans la « Revue des Etudes psychiques », (Paris), 2e série, 1er année, n° XII,Décembre. 1901, pp. 361-371.

Pour faire suite aux parties 1 et 2 respectivement [En ligne sur notre site]  : « Revue des Etudes psychiques », (Paris), 2e série, 1er année, n° VIII-IX-X, Août-Sept.-Oct. 1901, pp. 225-242. – « Revue des Etudes psychiques », (Paris), 2e série, 1er année, n° XI, Novembre. 1901, pp. 331-350.

César  BAUDI DE VESME (1862-1938). D’origine italienne il vécut la plus grande partie de sa vie en France, où il mourut. Défendant une philosophie spiritualiste, bilingue bien sûr, il publia de très nombreux articles et un ouvrage reprenant l’ensemble de ceux-ci. Il se spécialisa dans les études du paranormal et du spiritisme. Son principal ouvrage : Histoire du Spiritualisme expérimental. Paris, Jean Meyer, 1928.

Les [p.] renvoient aux numéros de la pagination originale de l’article. – Nous avons gardé l’orthographe, la syntaxe et la grammaire de l’original, mais avons corrigé quelques fautes de typographie.
– Par commodité nous avons renvoyé les très nombreuses notes de bas de page en fin d’article. – Les images ont été rajoutées par nos soins. . – Nouvelle transcription de l’article original établie sur un exemplaire de collection privée sous © histoiredelafolie.fr

[p. 361]

A propos de rêves prémonitoires

et de paramnésie (1)

———————————

VII. — RÊVES TÉLESTHÉSIQUES

On sait que souvent, lorsque l’on examine un cas se rapportant à des connaissances acquises d’une façon surnormale, il est assez malaisé de s’assurer s’il s’agit d’un phénomène de télépathie ou d’un phénomène de télesthésie. Cela arrive surtout lorsque 1’« agent » ou le « percipient » se trouvent dans l’état de sommeil naturel ou artificiel. Telle somnambule relate un fait qu’elle ne peut pas avoir connu d’une manière normale et qui se passe, a ce moment, dans un endroit éloigné : — l’a-t-elle appris par transmission de la pensée d’une personne qui connaissait l’événement, ou bien son esprit s’est-il en quelque sorte extériorisé du corps et a-t-il pu assister à la scène en question ?
Cette dernière hypothèse doit être envisagée avec la plus grande prudence en l’état actuel des sciences psychiques ; [p. 362] néanmoins elle parait quelquefois la plus invraisemblable, et d’autres fois même la seule admissible — par exemple quand il s’agit de la connaissance d’un fait ignoré de tous et que personne ne pouvait donc transmettre télépathiquement.
A ce propos, nous croyons utile de reproduire la plus grande partie d’une lettre envoyée par un certain Mr G. P. H. au Spectator de Londres et publiée par celui-ci en juin dernier :

… Le récit qui suit est complètement authentique ; les principales personnes qui y ont été mêlées sont vivantes et fort connues ; je pense même qu’elles se prêteraient volontiers à une enquête ; les faits peuvent être facilement vérifiés.
Une dame qui vivait dans la banlieue de Londres rêva à plusieurs reprises, pendant quelques années, qu’elle visitait une maison, dont elle n’avait pas connaissance lorsqu’elle était réveillée. Ce rêve se renouvela si fréquemment, que la dame assurait connaître toutes les pièces de la maison ; le rêve et la maison ne tardèrent pas à former le sujet d’innombrables plaisanteries, à table, avec les membres plus jeunes de la famille.
Celle-ci avait l’usage de passer quelques mois de l’année en Ecosse. Une année, pourtant — il n’y a pas longtemps de cela — elle ne put obtenir l’habitation où ils avaient coutume du séjourner. Alors le chef de la famille (le mari de la dame en question) chargea l’un de ses fils de leur chercher une autre demeure. Le jeune homme s’acquitta de la commission, et la famille vint prendre possession de la maison.
Aussitôt que la dame l’eût aperçue, elle dit qu’elle croyait la reconnaître (2) ; lorsqu’elle y pénétra, elle affirma y avoir déjà été autrefois, ajoutant que c’était la maison du rêve et qu’elle pouvait donner la description des différentes pièces, avant d’y pénétrer — ce qu’elle fit assez exactement pour que l’identité de la maison en question avec celle du rêve fût parfaitement établie.
Quand la propriétaire de la maison, Lady B…, lui proposa de lui montrer les chambres du premier étage, la dame du rêve répondit que cela n’était pas nécessaire ; qu’elle les avait déjà vues [363] autrefois. Alors Lady B… répondit : « Je crois bien que vous les avez vues, puisque vous êtes la dame âgée qui hante notre maison depuis des années. »
Je puis dire en outre qu’il ne paraît pas qu’aucun mystère ait été attaché à la maison ou aux personnes en question ; aucun événement remarquable ou inusité ne suivit cette aventure…
Je ne doute pas d’obtenir la permission de donner aux enquêteurs sérieux noms et dates relatives à ce fait ; en attendant, je vous envoie ma carte de visite pour vous prouver ma bonne foi.

André Masson - Dormir dans la tour (1938).

André Masson – Dormir dans la tour (1938).

Le 20 Juillet, le Light de Londres publiait la lettre suivante, adressée à son

Monsieur, — Le Light, du 14 Mai, en parlant de la Revue des Etudes Psychiques, mentionnait un article sur la Paramnésie, qui m’intéressa tout particulièrement…
En lisant ce que vous en avez dit, je me suis immédiatement souvenu d’un fait que j’ai entendu raconter dernièrement et qui ne manque pas d’importance dans la recherche de l’explication du phénomène en question. Il s’agit d’une dame qui a rêvé d’une maison, qui l’a ensuite reconnue, et qui a été reconnue elle-même comme la figure dont avait été hantée cette habitation. J’ai écrit à la personne qui m’avait parlé de cette affaire, dans l’espoir d’obtenir les noms et les dates s’y rapportant avant de vous l’envoyer.
Sur ces entrefaites, j’ai lu dans le Light du 22 Juin un récit paru dans le Spectator, qui tout d’abord me sembla relatif au même événement. A présent que j’ai reçu la réponse de mon ami, je vois qu’il y a au moins deux cas différents du même genre : l’un rapporté par Millais dans sa Vie, et l’autre par Auguste Hare. Je ne les ai pas lus dans leur texte. Le premier a trait à une dame qui s’est rendue dans une maison qu’elle avait vue souvent en rêve ; le gardien de l’immeuble reconnut en elle le fantôme qui hantait cette demeure. Dans le deuxième cas, Auguste Hare donne le nom de Mme Butler qui vivait en Irlande, d’où elle passa en Angleterre, et y acheta à bas prix une maison fort confortable ; elle apprit ensuite qu’il s’agissait d’une maison hantée. Elle aussi reconnut immédiatement cette habitation comme celle de ses rêves, mais elle remarqua certains changements que le gardien [p. 364] déclara avoir été exécutés depuis peu de temps seulement : Le gardien, à son tour, reconnut que Mme Butler n’était autre que le fantôme par qui la maison était fréquemment visitée.
Il serait intéressant de savoir si cette histoire n’est pas la même que celle racontée par G. P. H. dans le Spectator.

Autriche.                                                                                                                                                                                                                             C. J. VESEL.

Ce serait en effet intéressant de démêler la vérité exacte dans toutes ces histoires, si ressemblantes l’une à l’autre, et de les affermir par des témoignages plus valables. Malheureusement, il n’est pas en notre pouvoir de le faire (3). Par conséquent, nous n’attachons point une importance absolue à ces faits ; nous les présentons plutôt comme des exemples frappants de ce que pourrait être un cas de paramnésie, résultant d’un rêve télesthésique. L’« esprit » d’un dormeur s’est porté, pendant le sommeil naturel ou artificiel, dans un endroit;; quelque temps après, la même personne, parfaitement éveillée cette fois, visite la localité en question ; la sensation du « déjà vu » la saisi : — c’est la paramnésie.
Les exemples d’un « fantôme de vivant » aperçu quelque part sont innombrables ; voyez plutôt l’ouvrage fameux de Gurney, Myers et Podmore. Seulement dans la plupart des cas, il est assez difficile de prouver qu’il ne s’agit point là d’une « hallucination télépathique véridique », c’est-à-dire d’un fantôme créé par l’imagination du « percipient », frappé par une communication télépathique : d’un fantôme qui n’a pas plus de consistance plastique que ceux que l’on voit dans les rêves ou dans la vision par le miroir et qui n’intéresse qu’à cause du phénomène de télépathie qui s’y rattache. Tel, probablement, le cas fort curieux relaté par Wesermann, que nous avons reproduit plus haut (4). [p. 365]
Toutefois, les cas où ces « fantômes de vivants » ont laissé des traces matérielles dans le lieu de leur apparition — de façon à laisser supposer qu’il s’agissait bien là d’un phénomène télesthétique et téléplastique — ne manquent certainement pas. Nous ne pouvons pas, à présent, entrer dans cette question et nous renvoyons les lecteurs, que cela pourrait intéresser, au chapitre IV, § 4, d’Animisme et Spiritisme d’Aksakoff, où plusieurs de ces cas sont rapportés. Le dernier relaté est tiré des Foot falls. de R. Dale-Owen, ministre plénipotentiaire des Etats-Unis à Naples. Il est fort ressassé ; néanmoins, nous le rapportons, parce que nous le présentons sous un jour nouveau — celui de la paramnésie. Le voilà donc, dans le résumé qu’en donne A. Aksakoff :

« Un certain Robert Bruce, Ecossais, était, en 1828, à l’Age.de trente ans environ, capitaine en second sur un navire marchand faisant le trajet entre Liverpool et Saint-Jean-du-Nouveau-Brunswick. Un jour, on était dans les eaux de Terre-Neuve, Robert Bruce assis dans sa cabine, voisine de celle du capitaine, était absorbé dans des calculs de longitude ; pris d’un doute sur l’exactitude des résultats qu’il avait obtenus, il interpella le capitaine, qu’il croyait dans sa cabine: « Quelle solution avez-vous ? » lui cria-t-il. Ne recevant pas de réponse, il tourna la tête et crut apercevoir le capitaine dans sa cabine, occupé à écrire. Il se leva et s’approcha de l’homme qui écrivait à la table du capitaine. L’écrivain leva la tête et Robert Bruce aperçut un personnage absolument inconnu, qui le regardait fixement. Bruce monta précipitamment sur le pont et fit part au capitaine de ce qu’il avait vu. Ils descendirent ensemble : il n’y avait personne ; mais sur l’ardoise, qui se trouvait sur la table du capitaine, ils purent lire ces mots, écrits d’une main étrangères : « Gouvernez au Nord-Ouest. » On compara cette écriture à celle de tous les autres passagers ; on alla jusqu’à faire des perquisitions, mais sans aucun résultat. Le capitaine, se disant qu’il ne risquait que quelques heures de retard, ordonna de tenir au nord-ouest. Après quelques heures de navigation, ils aperçurent les débris d’un vaisseau pris dans les glaces ; ayant à bord l’équipage et quelques passagers en détresse. C’était un navire parti de Québec, à destination de Liverpool, [p. 366] emprisonné dans les glaces depuis quelques semaines. La situation des voyageurs était désespérée. Quand ils eurent été recueillis à bord du navire sauveteur, Bruce, à son grand étonnement, reconnut dans l’un d’eux l’homme qu’il avait vu dans la cabine du capitaine. Ce dernier pria l’inconnu d’écrire sur l’autre côté de l’ardoise ces mêmes mots : « Gouvernez au nord-ouest. » L’écriture était identiquement la même ! On apprit que, dans la journée vers midi, ce voyageur était tombé dans un profond sommeil, et qu’en se réveillant, une demi-heure après, il avait dit : « Aujourd’hui nous serons délivrés. » Il avait vu en songe qu’il se trouvait sur un autre navire qui venait à leur secours ; il fit même la description de ce navire, et, à son approche, les voyageurs n’eurent pas de peine à le reconnaître. Quant à l’homme qui avait fait ce rêve prophétique, il lui semblait connaître tout ce qu’il voyait sur le nouveau navire ; mais comment cela était-il arrivé, il n’en savait rien. »

J’ai mis en italiques les dernières lignes, pour attirer plus spécialement sur elles l’attention des lecteurs. C’est là, en effet, que paraît encore, avec la plus grande évidence, le phénomène de paramnésie produit par une notion subconsciente, acquise au moyen de la tèlesthésie et même de là tèléoplastique, pour se servir du mot employé par Aksakoff.

VIII. — LA CLAIRVOYANCE DANS LE PASSÉ ET DANS L’AVENIR

Progressons toujours. — Maintenant, nous constatons que les connaissances acquises d’une façon surnormale se rapportent parfois, non seulement au présent, mais au passé, ou bien à l’avenir.
Il me souvient d’avoir lu à ce sujet dans le Subliminal Self de Myers (chap. IX), un exemple frappant. C’est celui dit docteur S… et, de sa femme qui décident, — devant vivre quelque temps à plus de cent milles l’un de l’autre, dans un pays où il n’y avait pas possibilité de transmission télégraphique, — de consacrer, tous les jours, à une heure donnée, dix minutes à une tentative de communication télépathique, [p. 367] dans laquelle chacun devait servir, à son tour, de transmetteur et de récepteur.
L’expérience réussit en très grande partie ; dès le premier jour, le Dr S… fut à même de donner une description exacte de la maison et de la localité habitées par sa femme. Il arrivait assez souvent que l’un des deux correspondants vît des choses exactes, mais qui ne lui avaient pas été transmises télépathiquement, au moins d’une manière consciente. Mais ce qu’il y a de plus curieux, c’est qu’une fois le Dr S… parla d’un incendie dans la direction de Nord-Est : — or, cet incendie se manifesta seulement la nuit suivante.
Comment cela se fait, il est impossible de le dire, en l’état embryonnaire où se trouvent encore les sciences psychiques ; les explications que les occultistes ont imaginées sont de simples suppositions, qui ne s’appuient pas sur grande chose.
Nous n’avons point à revenir sur les prémonitions à l’état de veille et pendant le sommeil, qui peuvent donner lieu à un cas de paramnésie ; nous l’avons fait plus haut, et M. E. Bozzano l’a fait avant nous et mieux que nous.
Nous passerons plutôt à deux autres hypothèses qu’on ne peut pas négliger…

Opium & Absinthe - Merci à De Guilhème de Valverde.

Opium & Absinthe – Merci à De Guilhème de Valverde.

IX. — DEUX HYPOTHÈSES SPIRITIQUES

La première hypothèse est celle-ci : l’impression du « déjà vu » est parfois produite par une connaissance subconsciente provenant d’une communication spiritique, par un rêve de caractère spiritique, etc.
Uniquement pour nous entendre, prenons pour exemple le cas fameux raconté, par Cicéron, de l’assassiné de Mégare, qui apparaît à son ami dormant, qui lui annonce son décès et qui lui indique où l’on a enfoui son cadavre ; ou bien le cas non moins connu de Méhul, le célèbre auteur de Joseph, du Chant du Départ, etc., qui en 1807, fait arrêter un bossu [p. 368] qu’il n’avait jamais vu jusqu’à ce jour, mais dont la figure lui avait été montrée en rêve par un de ses amis, le jeune B…, disparu en des circonstances mystérieuses, comme étant celle de son assassin — ce qui est ensuite reconnu exact. Et (toujours à la seule fin de nous entendre), acceptons l’explication spiritique de ces deux faits, de préférence à toute autre. Si Méhul et le voyageur de Mégare, en se réveillant, n’avaient point conservé la mémoire consciente de leur rêve, est-ce, que le souvenir subconscient n’aurait pas pu réapparaître confusément quand les deux rêveurs auraient appris ensuite, d’une manière quelconque, le triste sort advenu à leurs amis ?
La deuxième hypothèse spiritique se rattache à la théorie de la métempsycose, ou à celle assez similaire de la réincarnation. On peut, en effet, supposer que l’on reconnaît, par exemple, une localité, un récit, etc., parce qu’on l’a connu au cours d’une existence précédente. Plusieurs cas de ce genre ont été rapportés par les spirites kardéciens ; quant à moi, je n’en possède aucun qui me paraisse valable. Je me borne donc à énumérer aussi cette hypothèse, ainsi que je l’ai fait pour celle des « rêves ancestraux » mise en avant par M. Letourneau, sans y insister aucunement.

X. —CONCLUSION

La conclusion ressort tout naturellement de ce que nous avons dit jusqu’à présent.
Il peut y avoir de faux cas de paramnésie, comme il y a de faux cas de mémoire. Mais la paramnésie n’est pas de la « fausse mémoire », comme on l’a dit. La paramnésie est le sentiment produit en nous par une connaissance enfouie dans notre subconscience et dont le souvenir se présente à notre intelligence normale quand nous apercevons le fait, auquel la dite connaissance se rapporte, se reproduisant dans la vie [p. 369] réelle, sans que nous nous rappelions d’une façon exacte, en ce moment, quelle a été l’origine de la connaissance subconsciente en question.

Cette connaissance subconsciente peut avoir été acquise par un moyen parfaitement normal, par un moyen surnormal et — peut-être aussi — par un moyen extra-humain

I. — Moyens normaux :

a) Il s’agit d’une connaissance acquise d’une manière normale par notre esprit conscient, mais dont celui-ci a perdu le souvenir et qui a été reléguée dans la subconscience.

b) Il s’agit d’une connaissance acquise normalement par nos sens et enregistrée par notre subconscience, sans qu’elle ait frappé notre conscience normale.

c) Il s’agit d’une idée que nous avons reçue casuellement à l’état de veille ou de rêve, et dont le souvenir subconscient se réveille tout à coup, lorsque la scène en question se renouvelle, par une combinaison, dans la vie réelle.

d) Il s’agit d’une connaissance qui nous vient par atavisme (hypothèse Letourneau) ou parce que notre « âme » fait partie de 1′ « âme inconsciente du monde ». (hypothèse de Hartmann).

e) Il s’agit d’une connaissance qui se trouve enregistrée, d’une autre manière normale quelconque, dans nôtre subconscience.

 

II. — Moyens surnormaux :

a) Il s’agit d’une connaissance subconsciente acquise au moyen d’un phénomène télépathique à l’état de veille ou de rêve, et dont nous avons été le perchaient..

b) Il s’agit d’une connaissance subconsciente acquise par un phénomène télesthétique.

c) Il s’agit d’une connaissance subconsciente qui nous vient [p. 370] d’une prémonition à l’état de veille, ou bien d’un rêve prémonitoire.

d) Il s’agit d’une connaissance subconsciente qui nous vient d’une autre manière surnormale quelconque, dont nous n’avons peut-être même aucune idée, en l’état actuel de la science.

 

III. — Moyens spiritiques :

a) Il s’agit d’une connaissance subconsciente qui nous vient des esprits, si ceux-ci existent réellement et peuvent communiquer avec nous.

b) Il s’agit d’un souvenir subconscient d’un fait connu dans une existence précédente que nous avons traversée.

c) Il s’agit d’une connaissance subconsciente» acquise d’une autre manière « surnaturelle » quelconque.

Nous avons fait une grande part aux hypothèses inconnues — Deo ignoto — sans en écarter aucune, parce que nous croyons que ce qui nous est connu est bien peu de chose auprès de ce que nous ignorons. L’avenir nous dira de quel côté est la vraie Science philosophique — si elle est du côté de Socrate, qui disait : Unum scio, nihil scire, ou bien du côté de Marcelin Berthelot, lequel est à même d’affirmer « qu’il n’y a plus de mystères ».

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Lovis Corinth. Young Woman Sleeping.

Lovis Corinth. Young Woman Sleeping.

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Si l’on peut croire, au diagnostic un peu suspect qu’en donne Boileau, un poète du temps de Louis XIV — Racan, si je ne me trompe pas — est mort de chagrin à cause de certaines coquilles qui s’étaient glissées dans l’édition de ses œuvres. Il a bien été le Vatel de la littérature. — Que vais-je donc devenir, moi, à qui le prote a supprimé, dans la dernière livraison de la Revue, un paquet tout entier de « composition » ? A la page 336, là où je me proposais de relater deux cas de paramnésie publiés par Lalande, on passe au contraire, sans aucune entremise, à un casque j’ai tiré du Journal de la Société pour les recherches psychiques de Londres (décembre 1894) et qui est raconté par Miss L. M. Robinson (24, Trent-road, Brixton Hill).
C’est déplorable. Mais, quant à suivre l’exemple de Racan et Vatel, il n’en est rien. La postérité ne m’en saurait aucun gré. Je me condamne donc à vivre quand même, quoiqu’il me soit aisé de prévoir qu’après le coup terrible qui vient de me frapper, l’existence n’aura plus de sourires pour moi. D’ailleurs, je m’attends à ce que le prote s’avise de publier, en guise de dédommagement, par deux fois un même « paquet de composition » dans le prochain fascicule de la Revue, — V.

 NOTES

(1) Suite. — Voir les numéros 8 — 9 — 10 et 11 de la Revue.

(2) Et voilà la paramnésie. — V.

(3) Lorsque, le mois passé, noua parlions, dans la Revue, d’enquêtes que l’Institut psychologique international devrait faire sur les phénomènes psychiques qui sont signalés un peu partout, nous faisions justement allusion à des cas semblables. Est-ce qu’un de ces faits, bien vérifié, n’aurait pas l’Importance d’une expérience deo laboratoire ?

(4) Voir page 343 de la Revue.

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